Quest-ce qu'un Pertuisien ?(extraits du discours de Roger PELLENC, maire, lors de la soirée du Patrimoine, le 14 février 2009) "(...), le Pertuisien est un homme libre, fier et libre qui est venu d’ailleurs et a fait sienne ce morceau de terre entre Luberon et Durance. D’ailleurs la plaine, à l’origine n’existait pas, ce sont les moines de Montmajour qui, par la construction de digues ont repoussé la rivière capricieuse qui, si j’en crois les historiens, avec le mistral et les impôts du parlement d’Aix étaient l’un des trois fléaux de la Provence. Cette plaine de la Durance était pour nous un espace de liberté, où les règles et les lois s’appliquaient moins qu’ailleurs, on y allait chercher du bois, on braconnait, ou même on inaugurait notre vie sentimentale si vous voyez ce que je veux dire ! (...) Pertuis, cela veut dire le passage, ou la porte, et pour cause ! Pertuis c’est l’Amérique avant l’heure, une terre d’espoir et de soleil Le Pertuisien c’est d’abord le Celte qui regarde les contreforts du Luberon du haut du plateau de Saint Julien à la Bastidonne. Au début de notre ère, il aperçoit l’éclat d’un bouclier romain dans la plaine, fier romain qui apportera les routes, la vigne, l’olivier et la paix. Le Pertuisien c’est le Grec qui, après avoir fondé Marseille, remonte sur la Durance pour y faire des affaires. C’est le Vaudois qui repeuple notre terroir décimé par les guerres et la peste. Au 19ième le Pertuisien viendra des basses Alpes, terre lumineuse mais pauvre, de Sisteron, de l’Ubaye et des autres vallées, il cherchera du travail en hiver, et pour beaucoup prendra épouse et ne remontera pas ! Vous l’avez compris nous les Pertuisiens sommes un peuple d’immigrants, venu sur une terre d’abondance et de liberté mais aussi refuge des opprimés et des persécutés. Car le Pertuisien c’est cet Arménien survivant des massacres en Turquie, qui débarqué du port de la Joliette prend l’omnibus vers le Nord. Dans l’espoir de vivre et de prospérer, c’est l’Italien chassé par la misère qui n’avait pas assez d’argent pour aller en Amérique et qui traversait les Alpes. C’est l’Espagnol et le Portugais qui « montaient » pour les vendages, cherchaient le travail, encore et toujours ! Ou fuyaient Franco et Mussolini ! Le Pertuisien c’est le Pied noir, arrivé en 1962, à qui on avait laissé le choix de l’autre côté de la Méditerranée entre la valise ou le cercueil. La valise, certains d’entre eux l’ont déposé à la gare de Pertuis, et c’est tant mieux ! C’est le Harki, survivant d’autres massacres, puis avec la croissance économique le Magrébin venu donner à sa famille des conditions de vie décente. Le Pertuisien arriva enfin des terres du Nord, quand le nucléaire avec Cadarache fut synonyme de prospérité. De Bretagne, de Paris, de Normandie, de l’Est, des lotissements entiers se construisirent, où les hommes parlaient sans accent ! C’est l’époque où dans nos pâtisseries le gâteau des rois se remplit de frangipane ! Les Pertuisiens ce sont les gens du voyage qui chez nous vous le savez ne voyagent plus ! Ainsi vous l’avez compris, notre ville est le monde. C’est un mille feuille de migrants venu du Nord, du Sud et de l’Est. Nous les Pertuisiens nous voulons avancer. Ambitieux pour notre avenir et celui de nos enfants. Mais nous ne voulons pas renoncer à notre identité ni aux valeurs que nous avons hérité de notre histoire. Toutes les personnes qui nous rejoignent épousent cette histoire Pertuis, Ville fleurie Pertuis se classe 2ème dans sa catégorie au Concours départemental des villes et villages fleuris. Katia Gerro et Lucien Galland, Conseillers municipaux, ont accompagné les membres du jury départemental dans la visite de la ville, guidés par Gérald Jitten, responsable des espaces verts de Pertuis. Le jury s'est prononcé en suivant des critères précis concernant les efforts fournis par la ville quant au fleurissement, à la propreté, aux actions menées en faveur du développement durable. | |