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La translation des reliques de Saint Nicolas dans l’église

Dimanche 29 novembre 2020, s’est tenue une cérémonie aussi rare que particulière puisqu'elle n'est survenue que deux fois durant l’histoire millénaire de notre église : la translation des reliques (en latin translatio) de Saint Nicolas au cœur de notre église Saint Nicolas.
Saint Nicolas était l’évêque de Myre. Celui-ci est né à la fin du 3ème siècle en Asie mineure dans la région correspondant à l'actuelle Turquie.
Devenu chrétien, il fut emprisonné, puis tué aux temps des persécutions sous l'Empire Romain. Il serait décédé un 6 décembre 343.
Le 6 décembre est donc devenu le jour de sa fête.
Après sa mort, de nombreux miracles lui ont été attribués. Tout au long de sa vie il aurait sauvé sur sa route, des matelots, des enfants, des commerçants et même des avocats.
En 1087, la ville de Myre est menacée par l’avancée des troupes musulmanes, des soldats chrétiens de Bari (Italie) qui y résidaient ouvrent alors la tombe du saint et prennent son squelette qui nageait dans sa manne*. Ils le transportent à Bari.
Saint-Nicolas est le patron des enfants, des écoliers mais aussi des bouchers, des bateliers et des épiciers.

 
*La manne de Saint Nicolas est l’eau qui se forme dans la tombe du saint et qui se formait déjà dans la basilique de Myre. La base du tombeau est légèrement escarpée au centre, ce qui permet justement de recueillir la manne. Cette eau au contact avec les ossements est pour l’église une relique, car elle touche les restes du saint. Les religieux recueillent deux à trois verres par an.

L’église paroissiale de Pertuis est dédiée à Saint Nicolas.
Il faut savoir que Pertuis possédait jusqu’au 11ème siècle une puissante corporation de mariniers : les utriculaires, du latin « utricularius » : petite outre.
En effet la Durance était utilisée comme voie marchande, les routes étant peu sûres, des radeaux soutenus par des outres gonflées d’air empruntaient donc notre rivière.
En utilisant le courant, ou tirés par des haleurs vers Sisteron.
Le nom Pertuis, viendrait du latin « Portus » : le port.

Les radeliers  descendaient la Durance, notamment pour transporter des poutres.


Les haleurs tiraient les bateaux qui remontaient le cours de la rivière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le culte du Saint s’inscrit donc dans la nuit des temps de notre longue et riche histoire. Lorsque les reliques du Saint furent déposées en Italie, l’Eglise pertuisienne avait pu récupérer des reliques de Saint Nicolas.
A la Renaissance, notre ville a fait réaliser une splendide châsse (un coffre où étaient déposées les restes du Saint), en bois de noyer, polychrome avec dorures, Saint Nicolas peint sur sa porte, flanqué des armoiries de la ville.
La châsse, véritable joyaux abritait donc les reliques laissées par les moines de Saint Benoit (le prieuré Saint Pierre) en 1598. Celle-ci pu être récupérée ; elle se trouvait au premier étage de la chapelle de la charité, oubliée et menaçant de disparition. Nous avons engagé sa restauration et replacée au cœur de l’église.
La puissante abbaye de Montmajour qui détenait bon nombre de prieurés a joué de son influence afin d’amener à Pertuis cet extraordinaire trésor symbolique.
Il faut savoir que le culte des saints était répandu dans l’Eglise catholique, les reliques possédant  de nombreux pouvoirs selon les fidèles, notamment thaumaturges (guérir certaines maladies).
Posséder une relique était un gage d’importance et de rayonnement pour un lieu saint.
Les reliques du saint  disparurent, détruites ou perdues, à la Révolution.
C’est avec une immense fierté que dimanche 29 novembre 2020 celles-ci furent de nouveau déposées dans leur châsse. Une cérémonie rare et symbolique.
Nous avons ainsi reprisé notre histoire avec l’installation de la châsse Saint Nicolas au cœur de notre église et lové dans son cœur les reliques du Saint, trésor religieux (pour les croyants), patrimonial et historique pour tous les Pertuisiens.
Notre  patrimoine pertuisien n’est pas une contrainte, mais une chance ; pas une charge, mais une richesse, ni même un fragment du passé mais une part vivante de nous-mêmes.
Il est important d’exprimer une attention à la transmission, pour conserver ce qui fait que les Pertuisiens que nous sommes ne sont pas que des atomes individuels. Rien n’est plus noble que de favoriser l’épanouissement du sentiment d’appartenance à notre ville. Nous le devons aux Pertuisiens du passé qui ont construit ce que nous sommes aujourd’hui.  
                     
Jacques Barone
Adjoint à l'animation, tourisme et patrimoine