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Henri Silvy, un héros pertuisien (1920-1944)

En ce 5 septembre, il n’est pas inutile de revenir sur la vie extraordinaire d’Henri Silvy, un de nos héros pertuisien.

Henri est né dans notre ville le 5 septembre 1920. Il est le fils d’une famille de métallurgiste estimée et pionnière dans l’innovation en fondant une véritable grande surface à destination du monde agricole (aujourd’hui notre médiathèque). Il fait ses études secondaires à Aix, au sein du prestigieux lycée Mignet. Il obtient le baccalauréat en juillet 1937, et entre la même année à Sciences-Po Aix. Il en sort en juillet 1939, major de la section diplomatique (mention très bien) et meilleur orateur de l’université.

En janvier 1940, à 19 ans, il est nommé attaché d’ambassade à Dublin. Homme de lettres, il mène une vie littéraire et anime des cours de théâtre lorsque la guerre le rattrape. Profondément patriote, il quitte tout en décembre 1941 et s’engage comme matelot dans les forces françaises libres en Angleterre. Parfaitement bilingue, il rejoint les Etats-Unis, où il s’entraine dans les commandos en Floride. Puis, lorsque l’Afrique du Nord est libérée par les alliés en 1942, il rejoint le général De Gaulle qui s’installe à Alger. Il entre dans la première division française libre, sous les ordres du général Juin, qu’il finit par tutoyer (tout comme le général de Gaulle), comme interprète du futur maréchal.

En avril 1944, les Français participent à la libération de l’Italie par le sud avec les alliés. Ils se battent avec acharnement et finissent par faire sauter le verrou de « Monte Cassino » et remontent la botte italienne. À la tête  de son peloton de reconnaissance de fusiliers marins de la 1ère division française libre, il se rapproche de Rome et entre dans l’enceinte de l’aérodrome de Guidonia dans la banlieue de la capitale italienne. Alors qu’il tente de dégager un officier allié capturé par les allemands il est tué à bout portant d’une balle en pleine tête. Nous sommes le 6 juin 1944, le matin même, les premiers mètres de notre pays étaient libérés en Normandie.

Henri Silvy, ne vit jamais la libération de la France et de sa ville natale, il n’avait pas 24 ans. Il fut élevé au rang des (très rares) compagnons de la Libération*, et il reçut la légion d’honneur.  

C’est donc la mémoire de son parcours qui lui confère une immortalité auprès des vivants que nous sommes, Français et Pertuisiens.
Notre héros repose désormais à Rome, loin de notre clocher. Pertuis donnera le nom d’une rue à Mr Silvy, celle qui longe ce qui fut pendant des années, les établissements du même nom.

*Il reste aujourd'hui un seul compagnon encore en vie : Hubert Germain, il a 101 ans et sera inhumé comme le général De Gaulle l'avait dicté, au Mont Valérien à Paris. Seules 1 038 personnes, cinq communes françaises et dix-huit unités combattantes sont Compagnon de la Libération.

 
Les compagnons de la libération sur un long mur au musée de l'ordre de la libération aux Invalides à Paris.