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Retour sur la cérémonie de la citoyenneté

C'est vendredi 7 février que s'est déroulée la Cérémonie de citoyenneté.
L'Adjoint au Maire a remis les cartes d'électeur aux jeunes majeurs et prononcé le discours suivant :

Bienvenue à toutes et à tous en Mairie, la maison commune à tous les citoyens. Mes chers nouveaux concitoyens et concitoyennes, Aujourd'hui, face aux tensions qui fracturent notre société, c'est à vous désormais de tracer votre chemin de citoyen. Avec quelques repères, je vous propose de commencer ce chemin ensemble. Aussi, pour présenter vos nouveaux droits et devoirs de citoyen, quel plus beau symbole que de commenter notre devise de la République française : « liberté, égalité, fraternité ». Liberté : liberté d’opinion, liberté d’expression, liberté de culte, liberté d’entreprendre, liberté de se syndiquer. Egalité : égalité devant la loi, égalité devant le suffrage, égalité des sexes, égalité des chances. Fraternité  :  fraternité  avec  la  solidarité  comme  principe  fondateur  du  vivre  ensemble  ; fraternité avec la généralisation de la sécurité sociale à l’ensemble des citoyens depuis 1946. La citoyenneté se définit d’abord d’un point de vue juridique par la possession de la nationalité française et de ses droits civils et politiques. Mais la citoyenneté se définit aussi aujourd’hui comme une participation à la vie de la Cité. En rentrant dans la citoyenneté, vous avez un rôle essentiel à jouer, qui prend tout son sens avec l’exercice du droit de vote. C’est à ce moment que le citoyen apporte sa contribution majeure à la société. En votant, vous faites valoir votre point de vue. En  votant,  vous  changez  ou  confirmez  les  gouvernants,  ou  encore,  dans  le  cadre  du référendum, vous décidez des grandes orientations de la politique de la Nation. En outre, en vous faisant élire, vous êtes un acteur de la vie publique. Mais,  en  dehors  des  élections,  votre  statut  de  citoyen  vous  permet  également,  de  façon quotidienne, de jouer un rôle important dans la société. Par exemple, vous pouvez adhérer à une association et contribuer ainsi à faire évoluer la société dans laquelle vous vivez, à venir en aide aux autres et accomplir ainsi votre devoir de fraternité. Par ailleurs, votre attitude individuelle de citoyen est aussi primordiale : les comportements de civisme  (politesse,  respect  des  autres,  respect  des  biens,  ...)  sont  pour  beaucoup  dans  le caractère apaisé de notre société et illustre votre volonté de pratiquer la notion de « bien vivre ensemble ».

Le livret du Citoyen qui va vous être remis ce soir évoque les principes fondamentaux de notre République et définit les mots-clés de nos droits et devoirs de citoyen. Aux droits évoqués plus hauts correspondent en effet des devoirs qui sont les mêmes pour tous. Le premier d'entre eux est de respecter la loi. Le citoyen doit aussi payer ses impôts pour financer les services publics auxquels il a droit. Le citoyen est tenu de participer à la défense de la nation. Pour vous sensibiliser à ce devoir, chacun, chacune d'entre vous participe à la Journée Défense et Citoyenneté. De même, chaque citoyen doit se tenir prêt à assumer les fonctions de juré dans le cadre d'un procès. Être citoyen à part entière, c'est accomplir tous ces devoirs. Être  citoyen,  c'est  donc  pouvoir  profiter  de  droits  garantis  par  les  devoirs  des  autres  et réciproquement. C'est le respect des uns et des autres qui fonde la citoyenneté dont est privée toute personne qui ne l'accepte pas. C'est pourquoi, en votre qualité de citoyen, de citoyenne, je vous invite à réfléchir, à participer au  débat  public,  à  co-construire  les  réponses  aux  grandes  interrogations  et  soubresauts  de notre société. Afin de forger votre propre opinion, je vous invite aussi à lire des ouvrages tels que ceux du géographe Christophe GUILLUY, « Fractures Françaises » ou du politologue Jérome FOURQUET, « L’Archipel  français :  Naissance  d’une  nation  multiple  et  divisée » ou encore les livres d’Emmanuel TODD : ces écrits nous donnent des clés d’explication sur l’état de notre société. Ainsi  depuis  des  mois,  nous  constatons  et  vivons  une  fragmentation  sans  précédent  de  la société française ; le mouvement des « gilets jaunes » en étant une des illustrations. Cette fragmentation de notre société est multiple. Elle est d'abord sociale, avec des catégories modestes qui n'ont plus rien le 15 du mois ou qui ne peuvent plus se faire un petit « extra » dans une société d'hyper-consommation qui stimule le désir d'acheter alors que leurs moyens de  consommer  sont  faibles  ;  dans  un  contexte  de  pouvoir  d'achat  en  baisse,  ce  décalage génère  beaucoup  de  frustration,  de  colère,  de  défiance  à  l'égard  des  élites,  notamment politiques, jugées indifférentes, voire responsables de tous les maux. La fracture est aussi territoriale entre une France urbaine qui a accès à tous les services avec des transports adaptés à ses déplacements et une France de l'étalement urbain et de la ruralité pour qui la voiture est un élément central et est donc très dépendante du prix du carburant, l'élément déclencheur de la crise des « gilets jaunes ». Les réponses à trouver pour lutter contre cette fragmentation exacerbée de notre société ne sont pas seulement sociales ou fiscales, elles sont aussi démocratiques.

Le  premier  enseignement  pour  lutter  contre  le  désenchantement  démocratique  est  qu’il appartient à chacune et à chacun d'entre nous de faire fonctionner notre démocratie. Abraham LINCOLN donnait cette définition de la démocratie : « (...)  c’est  le  gouvernement  du peuple, par le peuple, pour le peuple. »  Depuis  les  fractures  tragiques  de  la  Guerre  d’Algérie,  nous  croyions  notre  démocratie inébranlable tel un menhir dressé pour l’éternité. Nous pensions que nous ne vivrions plus dans nos cœurs et dans nos chairs des atteintes physiques aux personnes pour leurs idées ou leurs  modes  de  vie  ou  encore  de  violation  de  nos  libertés  publiques :  depuis  les  attentats sanglants perpétrés à Toulouse et Montauban en 2012, nous avions tort.    La leçon est claire : à l’instar de nos civilisations, la démocratie et ses valeurs sont mortelles ! Comme autrefois les vestales entretenant le feu sacré à Rome, chaque génération a le devoir de ranimer la flamme de la démocratie : avec vous aujourd’hui, la flamme de la démocratie ne doit pas s’éteindre et elle ne s’éteindra pas.  Depuis  1789,  notre  démocratie,  basée  sur  la  représentation,  considère  l'élu  comme  un mandataire du peuple en le dotant, à ce titre, d'une marge de liberté décisionnelle en fonction des  intérêts  généraux  du  pays  ou  du  territoire  qu'il  administre  (commune,  département, région). Aujourd'hui, face aux attentes multiformes et parfois changeantes des citoyens, le débat public met en lumière les vertus de la démocratie participative : comment, durant un mandat électif, concilier le temps de l'action publique avec celui de la participation du citoyen aux décisions qui le concernent ? Tel est le défi à relever dans les années à venir pour recréer un projet commun ! La mobilisation autour de l'urgence climatique et ses conséquences sur la transformation en profondeur de notre société peut jouer ce rôle de catalyseur ; un corollaire s'impose aussi dans ce  temps  de  défiance  et  de  crise  politique  :  une  nouvelle  étape  de  la  décentralisation  qui clarifie le « qui fait quoi » aux yeux de chaque citoyen et donne plus de responsabilités et de moyens aux élus locaux pour davantage de proximité.Vous  l'aurez  compris,  dans  notre  pratique  au  quotidien  de  la  démocratie,  on  ne  peut progresser que par la volonté des citoyens eux-mêmes, manifestée notamment par le suffrage universel. Or, il n’y a pas de volonté sans confiance et pas de confiance sans une relation vraie, étroite, partagée entre les citoyens et leurs élus. Faute d’une telle relation, la vie démocratique se décompose, abandonnant le terrain à l’abstention ou à la violence dans la rue.

Aussi, mes chers nouveaux concitoyens et concitoyennes, c'est un appel que vous lancent les élus de la République : Vous  êtes  le  futur  de  la  France  !  Ne  soyez  pas  spectateurs,  soyez  acteurs  de  votre  destin. Mettez  votre  énergie  au  service  de  l'intérêt  général.  Participez  à  la  vie  démocratique  :  ce combat est le vôtre. La République a besoin de vos idées. Notre Nation a besoin de vos talents. Notre société a besoin de votre dévouement. Nous avons besoin de vous ! Ce soir, avec cette cérémonie officielle, en mairie, sous le regard bienveillant de Marianne, notre  symbole  de  la  République,  nous  sommes  fiers  et  heureux  de  vous  accueillir  dans  la citoyenneté. En conclusion, afin de nous donner vigueur et détermination pour relever les défis qui nous attendent, je citerai un extrait du discours d’Albert CAMUS lors de sa réception du prix Nobel : « Chaque  génération,  sans  doute,  se  croit  vouée  à  refaire  le  monde.  La  mienne  sait  pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. »

Vive la France ! Vive la République